header
Moins de banquises,
moins de glaciers


Elévation du
niveau des mers


Evénements extrêmes

Des eaux plus polluées

Une biodiversité
qui diminue


Coût écomique
faramineux


Crise alimentaire


Misère et inégalités

LES EFFETS DU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE :
zoom sur quelques conséquences actuelles et futures

 

Grâce à notre premier article, vous avez découvert à quoi pourrait ressembler le monde de demain, "réchauffé" de quelques degrés et vous avez pu vous rendre compte que le changement climatique n'était pas un problème que pour les ours polaires...

Voici un second article vous permettant d'en savoir plus sur le ou les effets environnementaux, sociaux et économiques qui vous intéressent.

Bonne lecture !

Quelques conséquences environnementales, sociales et économiques du réchauffement climatique - NB : vous pouvez cliquer sur le carré orange ou l'image correspondante pour accéder directement à la partie qui vous intéresse

 

 

MOINS DE BANQUISES, MOINS DE GLACIERS, MOINS DE NEIGE

Ça fond !

Banquise, glacier, calotte glaciaire : de quoi parle-t-on ?
Une banquise se forme en mer, lorsque la température de l'eau atteint -1 à -2°C : c'est de l'eau salée gelée. Elle peut être attachée à un rivage (banquise côtière) ou mobile, se déplaçant au gré des courants (banquise dérivante). La banquise la plus étendue se trouve en arctique (pôle nord).

Un glacier se forme sur le continent, aux niveaux des pôles et des montagnes, par compactage de neige accumulée : c'est de l'eau douce gelée. Une calotte glaciaire est un glacier très étendu, s'écoulant dans différentes directions sur un socle rocheux. S'il est suffisamment vaste (plus de 50 000 km2), on parle d'"inlandsis". Il n'y a que deux inlandsis aujourd'hui : celui de Groenland (pôle nord) et celui de l'Antarctique (pôle sud).

Sous l'effet de l'augmentation des températures, la banquise de l'Arctique (pôle Nord) tend à diminuer en étendue et en épaisseur, de sorte qu'elle pourrait avoir disparu en 2050, selon le GIEC. La fonte de celle-ci ne contribue pas à l'élévation du niveau des mers, mais pourrait accélérer le réchauffement climatique en diminuant l'albédo (rétroaction positive), comme expliqué dans la vidéo du Monde ci-après.

 

 

Les glaciers fondent également, notamment dans les régions polaires. Deux observations viennent illustrer ce phénomène, qui s'est accéléré depuis 2006 (CGDD, 2019) :

-au niveau du pôle sud, en Antarctique, la fonte des glaciers est 6 fois plus rapide qu'il y a 40 ans. La NASA vient également de découvrir un gigantesque trou dans un des plus grands glaciers, nommé Twaites. Si celui-ci venait à s'effondrer, il augmenterait de 65 centimètres le niveau des océans (Novethic.fr, 2019e).

-au niveau du pôle nord, au Groenland, 11 milliard de tonnes de glace ont fondu en une journée suite à l'épisode caniculaire qui a frappé l'Europe fin juillet 2019 : l'équivalent de 4,4 millions de piscines olympiques s'est déversé dans l'océan.

 

 

Dans les Alpes également, une étude récente estime que 90 % des glaciers auront fondu en 2100, si rien n'est fait pour contenir le réchauffement climatique (Novethic.fr, 2019b). En cause, notamment, une diminution des chutes de neiges de l'ordre de 30 à 50 % à 1 800 m d'altitude et de 10 à 30 % à 3 000 m d'altitude* (Castebrunet, 2014). Outre la contribution à l'élévation du niveau des mers, la fonte de ces glaciers est particulièrement problématique vis à vis des ressources en eau. En effet, les montagnes fournissent de l'eau douce à plus de 50 % de la population mondiale (FAO, 2012) et ces glaciers constituent des réserves d'eau disponibles en été, lorsque les précipitations sont plus faibles et les températures plus élevées.

La fonte du permafrost à l'origine de nouvelles épidémies ? (Actu-environnement.com, 2020)
Parmi les facteurs climatiques susceptibles d'accroître les risques épidémiques, on trouve en premier lieu le dégel du permafrost (sol gelé en permanence, dans la région Arctique), qui pourrait perdre jusqu'à 70 % de sa surface d'ici 2100, selon le Giec.
En effet, cette fonte passive pourrait faire ressurgir certains virus ou bactéries disparus ou inconnus, et être à l'origine de pandémies comparables à celle du COVID19.
Parmi les microorganismes piégés dans le sol gelé se trouvent notamment le virus de la variole, maladie présente en Sibérie au XIXème siècle, mais aussi des virus plus anciens, qui pourraient dater de l'époque de l'Homme de Néandertal et contre lesquels nous ne serions pas immunisés. D'autres pathogènes plus récents, mais tout aussi dangereux, pourraient également être libérés, comme celui de l'anthrax : le dégel du cadavre d'un renne vieux de 70 ans infecté par cette bactérie a déjà causé la mort d'un enfant en août 2016.

*Diminution des précipitations neigeuses entre le milieu et la fin du siècle par rapport à la période de référence 1960-1990


Pourra-t-on encore faire du ski en France à la fin du siècle ?

Concernant le tourisme, la plupart des stations de ski de moyenne montagne sont vouées à disparaître à moyen ou long terme, à cause de la couverture neigeuse qui diminue d'année en année. En effet, le réchauffement climatique entraîne une diminution de l'enneigement naturel, surtout à basse et moyenne altitudes et agit également sur la production de la neige de culture ("canons à neige"), qui ne peut fonctionner que dans des conditions météorologiques spécifiques.

Ainsi, les observations montrent qu'à 1 500 m d'altitude, le manteau neigeux a diminué en moyenne de 50 % depuis les années 1960 et que la durée d'enneigement* est passée de 140 à 100 jours (SCAMPEI, 2011). Par exemple, l'enneigement actuel du col de Porte en Isère (1 325 m d'altitude) est identique à celui de la station du Sappey-en-Chartreuse (1 000 m)... il y a 60 ans ! (Iseremag.fr, 2020)

En raison du manque de neige, certaines petites stations de moyenne montagne n'ont pas ouvert durant l'hiver 2020 (© Ecotoxicologie.fr - Licence : tous droits réservés)


Mais qu'en sera-t-il dans les prochaines décennies ?
Pour répondre à cette question, le Centre National de Recherches Météorologiques et l'INRAe ont réalisé deux études portant sur l'évolution future de l'enneigement des stations de ski des Alpes françaises et des Pyrénées (Spandre, 2019a et b). Ces études avaient notamment pour objectif de déterminer si l'enneignement artificiel pouvait être une mesure d'adaptation pertinente dans le cadre des changements climatiques à venir. Actuellement 30 % des pistes en France sont couvertes par ce qu’on appelle la neige de culture.

Deux périodes et deux scénarios d'émission de gaz à effet de serre ont été étudiés (voir tableau ci-dessous).

Jusqu'à 2050, un développement de l'enneignement artificiel à hauteur de 45 % des pistes devrait permettre de limiter l'impact du réchauffement climatique dans la plupart des stations... mais encore faut-il que les collectivités propriétaires des stations disposent des moyens financiers et des ressources en eau nécessaires à l'investissement dans la neige de culture.

En revanche, à la fin du 21ème siècle, si les émissions de gaz effet de serre ne sont pas fortement réduites, même les canons à neige pourraient ne pas suffire à maintenir de bonnes conditions d'enneigement. Avec ou sans canons à neige, skier dans les Pyrénées où dans les stations de moyenne montagne des Alpes sera peut-être impossible en 2080.

Evolution de l'enneigement futur des stations de sports d'hiver des Alpes françaises et des Pyrénées par rapport à la période de référence 1986-2005 (d'après Spandre, 2019a et b)


Une bonne nouvelle, tout de même : d'ici la fin du siècle, les avalanches dans les Alpes tendraient à diminuer de 20 à 30 %, principalement au printemps et aux basses altitudes. Elles pourraient cependant augmenter aux hautes altitudes à cause de chutes de "neiges humides" (Castebrunet, 2014).

*Durée d'enneigement : nombre moyen de jours dans une année où la hauteur de neige au sol dépasse 1 cm

UNE ELEVATION DU NIVEAU DES MERS

(CGDD, 2017)


Le niveau moyen des mers s'est élevé d'environ 20 cm depuis 1900, et le taux d'élévation s'est accéléré durant les dernières décennies (CGDD, 2019), atteignant 5 mm/an sur la période 2014-2019 (OMM, 2019).

Les deux principales causes de ce phénomène sont :

-la dilatation thermique de l'eau : sous l'effet de l'augmentation de leur température, les molécules d'eau de mer s'agitent davantage et sont plus espacées les unes des autres. Elles "prennent donc un peu plus de place", d'où une élévation du niveau des mers.

-la fonte des glaciers (à ne pas confondre avec la banquise !) : en fondant, l'eau douce gelée accumulée au niveau des pôles et des montagnes se déverse dans les mers, contribuant ainsi à une augmentation de la masse d'eau présente et à une élévation du niveau moyen.

Selon le rapport du GIEC de 2013, la hausse du niveau moyen des mers entre 1986-2005 et 2081-2100 sera comprise entre 26 et 82 cm. Cette élévation aura des conséquences sur les risques de submersion et d’érosion du littoral. Selon les estimations de l'organisation scientifique Climate Central, 300 millions de personnes seront confrontées à des inondations côtières au moins une fois par an en 2050, dont 1 million de français métropolitains habitant les régions nantaise et bordelaise, le nord de la France et le Cotentin (Kulp, 2019). L'Asie et notamment la région du Bangladesh est particulièrement exposée à ce risque.

Projection des zones côtières sous le niveau de la mer et/ou exposées à des inondations annuelles dans les régions nantaise et bordelaise en 2030 selon un scénario "sans contrôle de la pollution" (Climate Central, 2019)


Projection des zones côtières sous le niveau de la mer et/ou exposées à des inondations annuelles dans la région du Bangladesh en 2050, selon un scénario "sans contrôle de la pollution" (Climate Central, 2019)
NB : vous pouvez accéder à une carte interactive vous permettant de choisir la région, la date et le scénario de votre choix


L'élévation du niveau des mers pourrait par ailleurs, provoquer des intrusions salines dans les nappes souterraines d’eau douce du bord de mer, contribuant ainsi à polluer nos ressources en eau potable (SDES, 2020).

DES ÉVÈNEMENTS EXTRÊMES PLUS INTENSES ET PLUS FRÉQUENTS

En France comme aillleurs, le réchauffement climatique provoque (et provoquera) une intensification des évènements extrêmes.

(CGDD, 2019)

Ça chauffe !

Tout d'abord, le nombre de jours "anormalement chauds" (= température maximale supérieure de plus de 5°C à la normale 1981-2010) va continuer à augmenter, avec possiblement, selon le scénario intermédiaire du GIEC :
- 20 à 40 jours supplémentaires dans un horizon proche (2021-2050) ;
- et 100 jours supplémentaires en 2100 .

Concrètement, si rien n'est fait pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, MétéoFrance prévoit qu'à partir de 2070, une canicule comme celle de 2003 (qui a fait près de 15 000 morts en France et 70 000 morts en Europe !) pourrait se produire tous les deux ans en moyenne. Bien sûr il pourra y en avoir des moins importantes, mais aussi des plus intenses (reseauactionclimat.org, 2019), avec des températures pouvant aller jusqu'à 55°C (à l'ombre !).

(CGDD, 2018)


Mais si la France restera habitable malgré une hausse du mercure, certains pays n'auront pas cette chance. Déjà aujourd'hui, selon l’OMS, environ 30 % de la population mondiale est exposée à des températures mortelles au moins 20 jours par an.... et ce n'est qu'un début.

Selon une étude du MIT (Novethic.fr, 2018) :

-la Plaine du Nord de la chine et ses 400 millions d'habitants, sera l'endroit le plus menacé de la Terre par des vagues de chaleur mortelles d'ici 2070 ;

-le Brésil, le Venezuela et le Nigéria subiront, dans certaines régions, des canicules mortelles durant plus de 300 jours par an d'ici la fin du siècle ;

-les pays du golf persique seront exposés, en 2100, à une température proche de 80°C lors des pics de chaleur humide.

La climatisation comme solution ?
Les études scientifiques montrent que si on généralisait la climatisation à l'ensemble des bâtiments de la ville de Paris, la température extérieure augmenterait de 2°C ! (sans compter les dépenses énergétiques pharaoniques que cette climatisation induirait) : c'est donc une mauvaise solution. A contrario, la végétalisation des rues et des toits pourrait réduire la température de 2°C (reseauactionclimat.org, 2019) et constitue donc une mesure d'adaptation efficace au réchauffement climatique.


En lien avec ces vagues de chaleurs, on observe également des sécheresses à répétition qui menacent l'accès à l'eau pour l'agriculture et les besoins humains. Durant l'été 2017 par exemple, 85 départements français ont été placés en alerte sécheresse et une 40aine de départements ont été soumis à des restrictions d'eau.

Les feux de forêts devraient également devenir plus fréquents et s'étendre vers le nord de la France. Les incendies qui ont frappé l'Australie en 2019-2020 sont un premier (terrible) avertissement. Rappelons qu'en huit mois, ils ont conduit à la destruction de près de 20 % de la forêt du pays, au décès de 28 personnes*, à la mort de plus d'1 milliards d'animaux et à l'émission d'autant de CO2 que l'Australie en émet chaque année (Novethic.fr, 2020a et 2020). Et pourtant, sur l'année 2019, l'Australie n'est que le... 3ème pays le plus touché par les incendies, derrière la République Démocratique du Congo et la Russie (Global Forest Watch, 2020).

*Bilan du nombre de morts au 12 janvier 2020


Ça déborde !

Le changement climatique conduit également à une augmentation du risque d'inondations dans les zones littorales en raison de l'élévation du niveau de la mer mais aussi dans les zones exposées à des pluies extrêmes.

En France, la région méditerranéeenne est marquée par une intensification des précipitations au cours de ces dernières années (Vautard, 2015). Sur le massif des Cévennes, les précipitations journalières moyennes maximales (= le maximum de pluie sur une journée) observées en automne ont augmenté de 30 % depuis 1950 : un événèment pluvieux exceptionnel comme celui de 2014 a aujourd'hui trois fois plus de risque de se produire qu'au milieu du XXème siècle.


Ça souffle ?

Bonne nouvelle : les modélisations climatiques ne prédisent pas d'augmentation de la fréquence des cyclones tropicaux sur l'ensemble de la planète, au cours du XXIème siècle. Ils pourraient même être un peu moins fréquents.

En revanche, les experts estiment que les plus forts cyclones seront probablement encore plus puissants à l'avenir, avec des vents maximums plus élevés et des précipitations associées plus intenses.

Des travaux récents indiquent également que du fait du réchauffement climatique, ces cyclones, qui se forment au dessus des eaux chaudes des mers tropicales, ont tendance à "migrer" vers les pôles des deux hémisphères, à raison de 50 à 60 km tous les 10 ans*, et toucheront donc de plus en plus de territoires auparavant épargnés par ce type d'évènement extrême (CGDD, 2018).

*C'est précisément la zone d'intensité maximale qui migre vers les pôles des deux hémisphères.

DES EAUX PLUS POLLUÉES ET DES POLLUANTS PLUS TOXIQUES

Comme l'indique Nathalie Chèvre, écotoxicologue suisse, "très peu d'études scientifiques se sont penchées [à ce jour] sur les effets conjoints des modifications du climat et de la pollution chimique" (Chèvre, 2019).

Pourtant, au delà des effets sur les écosystèmes, une détérioration de la qualité de l'eau, de l'air et des sols aurait un impact direct sur la santé humaine. Une eau de mauvaise qualité affecterait également la production agricole, la pêche, l'aquaculture et par conséquent l'économie (Villlenave, 2013).

Or, il apparait dans l'état des connaissances actuelles, que les phénomènes en lien avec le changement climatique, bien que parfois contradictoires (voir tableau ci-après), concourreront globalement à une augmentation de l'impact des polluants.

Effets positifs et négatifs du changement climatique vis à vis des effets des polluants sur les écosystèmes - Source des données : Noyes, 2009 et Villenave, 2013 (© Ecotoxicologie.fr - Licence : tous droits réservés)


L'augmentation de la température modifie le comportement des polluants

Tout d'abord, le réchauffement climatique aura un effet sur le transport et le devenir des substances chimiques dans l'environnement.

Ainsi, une température plus élevée conduit à une augmentation de la volatilisation (= évaporation) de certains polluants. Ce phénomène qui concerne en particulier les "Polluants Organiques Persistants" (POP) tels que les pesticides et les dioxines conduit à un transfert dans l'air, d'une partie de ces polluants présents dans les eaux et les sols (Villenave, 2013).

D'une manière générale, la solubilité des contaminants chimiques (= la capacité à se dissoudre dans l'eau) augmente avec la température (c'est aussi le cas du sucre dans une boisson chaude par exemple), alors que la concentration en espèces gazeuses diminue. Ainsi, une température plus élevée dans les eaux de surface, induira :

1.Un transfert d'une partie des polluants fixés sur des particules, vers la phase dissoute de l'eau : ces polluants seront alors davantage "biodisponibles", c'est à dire qu'ils seront plus susceptibles d'exercer une action toxique sur les organismes vivants

2.Une diminution de la concentration en oxygène dans l'eau, qui augmentera le risque d'eutrophisation des milieux aquatiques (= asphyxie du milieu conduisant à la disparition des espèces les plus sensibles) (Villenave, 2013).

Une bonne nouvelle cependant : des températures plus élevées devraient augmenter la dégradation des substances chimiques dans l'environnement, du fait d'une activité microbienne et d'une photodégradation (dégradation par les rayons du soleil) plus intenses (Noyes, 2009).


Les sécheresses et inondations risquent d'aggraver les pollutions existantes

On l'a vu, les épisodes de sécheresse seront plus fréquents à l'avenir. Ainsi, les cours d'eau et les lacs connaitront des étiages (= niveau d'eau le plus bas) plus fréquents et plus marqués, conduisant à une concentration des polluants chimiques présents : en clair, comme il y a moins d'eau, les polluants qui se déversent sont moins dilués et leur concentrations sont plus élevées (Chèvre, 2019).

De même, les phénomènes de crues pourraient également entrainer la libération dans les eaux d'anciens stocks de polluants* piégés des années en arrière dans les sols environnant ou dans les sédiments des cours d'eau (à l'époque de leur utilisation par exemple pour les PCB**) .

Localement, la fonte des glaciers, qui constituent également des réservoirs de polluants accumulés au cours des années, pourrait aussi amener à une libération de composés chimiques vers les milieux aquatiques (Villenave, 2013).

Enfin, les pluies violentes entraineront plus fréquemment une saturation des stations d'épuration, conduisant au déversement d'eaux usées non traitées (et donc très polluées) dans les cours d'eau (Noyes, 2009).

Ainsi, durant certaines périodes de l'année, les événements climatiques extrêmes pourraient engendrer une augmentation de la concentration des polluants d'une rivière ou d'un lac et ainsi amener (Chèvre, 2019) :

-à des dépassements de seuils réglementaires : Normes de Qualité Environnementale (NQE) ou seuil de potabilité ;

-à des dépassements des concentrations à partir desquelles des effets toxiques peuvent se produire vis-à-vis de la faune et flore aquatique (concentrations dites sans effet ou PNEC [Predicted Non Effect Concentration])

-à un arrêt de l'utilisation de l'eau de la rivière ou du lac en tant que ressource en eau potable (NB : en France, l'eau potable provient pour moitié des eaux de surface).

*Les polluants stockés dans les sols et les sédiments sont les Polluants Organiques Persistants (POP) (ex : PCB) et les métaux lourds.

**Les PCB (Polychlorobiphényles) ont été massivement utilisés des années 1930 aux années 1970 comme lubrifiants pour la fabrication des transformateurs électriques, condensateurs, ou comme isolateurs dans des environnements à très haute tension. Ces composés se sont accumulés dans les sédiments de cours d'eau et sont notamment à l'origine de l'interdiction de la consommation de poissons pêchés dans le Rhône.


Et finalement, les effets toxiques des polluants sont augmentés

Au niveau de la toxicité, les travaux scientifiques existants mettent en évidence une augmentation des effets des substances chimiques.

Tout d'abord, les organismes vont être soumis à un double stress (Noyes, 2009) :

1-Du fait du changement climatique, ils devront s'adapter à des modifications de leur milieu de vie, en terme de température, d'humidité, de nourriture disponible, etc.

2-Et devront toujours faire face aux polluants toxiques, qui continueront à se déverser dans le milieu.

Dans son blog, l'écotoxicologue Nathalie Chèvre prend l'exemple d'un poisson dans une rivière. Les étés chauds et secs contribueront à réduire le volume d'eau présent dans sa rivière. Cette eau sera également plus chaude. Le poisson devra donc faire face à un milieu de vie moins confortable. A côté de cela, les polluants seront toujours présents, voire même en concentration plus élevée sur certaines périodes de l'année : la survie de notre poisson va être compliquée... (Chèvre, 2019).

En outre, selon de nombreuses études, la hausse de la température engendrerait une augmentation de la toxicité des polluants (Villenave, 2013), via une influence sur le métabolisme* des organismes vivants. La survie de notre poisson va être vraiment compliquée...

Ces conclusions montrent que le changement climatique aura globalement un impact négatif engendrant des situations à risques de plus en plus fréquentes. Elles montrent également qu'il y a urgence à agir à la fois sur les gaz à effets de serre mais également sur l'utilisation et les rejets des substances chimiques (Chèvre, 2019).

*Métabolisme = réactions biologiques au sein d'un organisme vivant

UNE BIODIVERSITÉ QUI DIMINUE

La biodiversité est en danger. Selon l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) – équivalent du GIEC pour la biodiversité, le taux d'extinction des espèces est aujourd'hui 100 à 1000 fois plus élevé qu'au cours des temps géologiques passés, en raison de l'impact des activités humaines. Les principales raisons de cette érosion de la biodiversité, que certains scientifiques qualifient de sixième extinction massive, sont bien connues : en premier lieu la destruction et la dégradation des milieux naturels mais aussi la surexploitation des espèces, l'introduction d'espèces envahissantes, les pollutions... et le changement climatique.

En effet, bien que n'étant pas le premier facteur de l'érosion de la biodiversité, le réchauffement climatique actuel exerce une pression supplémentaire sur les espèces animales et végétales, en modifiant leur milieu de vie... et sans leur laisser le temps nécessaire pour s'adapter. Et pour cause : la vitesse du réchauffement actuel est bien plus élevée que les variations climatiques naturelles et pourrait dépasser les 2°C par siècle, un seuil critique pour de nombreuses espèces (MOOC Avenir climatique, 2017a).

Ainsi, dans l'hypothèse d'un réchauffement de 2°C, près de 25 % des espèces peuplant les espaces naturels les plus riches en biodiversité courent le risque d’une extinction au niveau local. Les projections montrent que les plantes seront très violemment touchées, car elles sont souvent dans l’incapacité de s’adapter avec suffisamment de rapidité à un climat qui se modifie – ce qui par voie de conséquence peut avoir un effet de réaction en chaîne sur d’autres espèces qui dépendent d’elles (WWF, 2018).

Si le réchauffement est plus important, de l'ordre de 4,5°C, c'est près de la moitié des espèces présentes sur la Terre qui pourraient disparaître, d'après l'IPBES (Plateforme Intergouvernementale sur la Biodiversité et les Services Ecosystémiques) (Novethic.fr, 2018b).

La biodiversité : à quoi ça sert ?
Nous dépendons fortement de tous les écosystèmes et de la biodiversité qu'ils contiennent. En effet, la biodiversité :
-fournit des biens au quotidien, nécessaires à nos besoins de base : oxygène, nourriture, médicaments, matières premières (ex : coton) ;
-rend des services irremplaçables : la pollinisation des espèces végétales, la fertilisation des sols, l'épuration de l'eau (notamment par les micro-organismes) ou encore la prévention des inondations.


Voici quelques illustrations des phénomènes engendrés par le changement climatique et pouvant aboutir à cette érosion massive de la biodiversité :


Le déplacement des espèces animales et végétales

Du fait de l'augmentation de la température, l'aire de répartition des espèces se modifie. Ainsi, dans les cours d'eau français, les poissons d'eau froide voient leur territoire diminuer et se déplacer vers l'amont. Les espèces rencontrées à l'aval, où l'eau est plus chaude, remontent également, gagnant de nouveaux territoires. Ces déplacements concourrent à homogénéiser les communautés de poissons sur tout le linéaire du cours d'eau (Agence de l'Eau RMC, 2017) et donc à diminuer la biodiversité globale.

Dans les lacs européens* également, les scientifiques ont observé une tendance au développement des espèces supportant de larges variations de température comme la breme commune ou le sandre. A l'inverse, l'omble chevalier, espèce d'eau froide qui ne supporte pas de grandes variations de température, a vu son abondance diminuer dans de nombreux lacs (Agence de l'Eau RMC, 2017).

Sur la terre ferme, les espèces animales et végétales se déplacent aussi... et notamment certains parasites et nuisibles qui progressent vers des altitudes et latitudes jusque-là épargnées. Par exemple, la chenille processionnaire du pin à progressé de 4 km/an vers le nord durant les 10 dernières années. Le moustique tigre remonte lui aussi inexorablement vers le nord de la France (Ministère Environnement, 2017). Rappelons que ce moustique est capable de transmettre à l’homme différents virus dont ceux de la dengue et du chikungunya, deux maladies qui ne seront plus uniquement tropicales à l'avenir (ANSES, 2020).

Le moustique tigre remonte inexorablement vers le nord de la France - Source : Pixabay


*Dans les lacs européens, le réchauffement des eaux est de 0,15 à 0,3 °C par décennie


Des cycles de vie modifiés

En second lieu, le réchauffement climatique entraîne des modifications dans le cycle de vie des organismes. Par exemple, en raison des printemps de plus en plus chauds, on constate une avancée dans l'apparition des bourgeons et de la floraison des arbres, de l'odre de 1,4 à 3,1 jours par décennie.

Certaines espèces s'adaptent en avançant les phases de leur cycles de vie... et d'autres non. C'est le cas par exemple du Gobemouche noir, un oiseau migrateur dont la date de retour de migration (qui est contrainte par de nombreux paramètres indépendants de la température) se retrouve peu à peu en décalage avec le pic d'abondance des chenilles, qui constituent sa nourriture (planet-vie.ens.fr, 2007).


Des océans plus acides, plus chauds et qui perdent leur oxygène

On l'a vu, les océans, en absorbant environ un quart des émissions de gaz à effet de serre produits par les activités humaines depuis les années 1980, permettent de contenir le réchauffement climatique, qui serait sans ça, beaucoup plus élevé (GIEC, 2007b). Cependant, le prix écologique est lourd, dans la mesure où le CO2 absorbé réagit avec l’eau de mer et entraine une acidification des océans*. D'après les scientifiques, le pH des océans aurait ainsi diminué d'environ 0,1 unité depuis la fin du XIXème siècle, passant de 8,2 à 8,1.

Pas énorme ? Si, car, rappelez-vous vos cours de chimie de collège : l'échelle du pH est logarithmique. Par exemple, un pH 5 est 10 fois plus acide qu"un pH 6. Par conséquent, cette petite baisse de pH représente déjà une hausse de 26 % de l'acidité des océans... et si les émissions de CO2 continuent au même rythme, le pH pourrait diminuer jusqu'à 7,7, créant des océans plus "acides" que jamais (OMM, 2019)**.

Or, cette acidification représente un risque majeur pour les coraux, dont le squelette devient plus fragile, et pour certains types de zooplancton, dont la coquille devient également moins solide. Elle modifie également la propagation et l'absorption des sons dans l'eau, affectant le système auditif des poissons et des mammifères marins. L'acidification menace ainsi l'équilibre de nombreux écosystèmes (Lemonde.fr, 2015b).

Les océans sont également plus chauds, affectant là encore les coraux (et les inombrables organismes vivants qui en dépendent), dont les populations devraient, selon le GIEC, diminuer de plus de 99 % dans un monde à +2°C. Comme expliqué plus haut dans l'article, la hausse de la température entraine également une diminution de la concentration d'oxygène dans l'eau, qui a déjà baissé de 2 % en 60 ans. Ce phénomène vide des régions océaniques entières de certains de leurs habitants, transformant durablement les chaines alimentaires marines (Novethic.fr, 2019c).

La Méditerranée devrait voir également sa température de surface s'élever de 0,7 à 2,6 °C d'ici la fin du siècle. Sa teneur en sel devrait aussi augmenter, entrainant la disparition de certaines d'espèces, parfois remplacées par d'autres... mais parfois non (Agence de l'Eau RMC, 2017).

*Voici les équations pour ceux que ça intéresse : CO2 + H2O <-> H2CO3 ; H2CO3 <-> HCO3- + H+ (c'est l'augmentation de la concentration en protons H+ qui diminue le pH de l'eau.

**Bien qu'on parle d'acidification, un pH de 7,7 est considéré comme alcalin, car supérieur à 7

UN COÛT ÉCONOMIQUE FARAMINEUX

Selon les calculs de Nicholas Stern, ancien chef économiste de la Banque mondiale, le réchauffement climatique pourrait coûter à l'économie mondiale jusqu'à 7 000 milliards de dollars (Novethic.fr, 2014). En France, certains assureurs chiffrent les surcoûts liés au changement climatique à 100 milliards d'euro sur les 25 prochaines années et ce chiffre a déjà doublé par rapport aux estimations précédentes. Certains économistes affirment même qu'il s'agit du principal risque qui pèse sur la finance mondiale (MOOC Avenir climatique, 2017a) (NB : c'était avant la pandémie de Corona virus...).

Mais pourquoi un coût aussi élevé ?

Tout d'abord, car, on l'a vu, le changement climatique provoque une hausse des évènements météorologiques extrêmes, qui engendrent des dégâts matériels importants, qu'il faut ensuite réparer. Par exemple, la saison des ouragans 2017 dans l’Atlantique figure parmi les plus dévastatrices jamais observées, l’ouragan Harvey à lui seul ayant occasionné plus de 125 milliards de dollars de pertes aux États-Unis (OMM, 2019).

Ensuite, car il faudra financer des mesures d'adaptation aux conséquences du changement climatique, par exemple bâtir des digues ou des terrains surélevés pour nous protéger des inondations ou encore construire des réservoirs d'eau douce pour faire face aux sécheresses estivales.

Enfin, car, selon l'Organisation Internationale du Travail (OIT), le réchauffement climatique devrait se traduire par une augmentation du stress thermique au travail, nuisant à la productivité et causant des pertes économiques. Ainsi, les vagues de chaleur liées au changement climatique devrait conduire, à l'échelle mondiale, à "des pertes de productivité équivalant à 80 millions d'emploi temps plein en 2030"*. Les secteurs les plus touchés seront l'agriculture et la construction, suivis par les biens et les services environnementaux, le ramassage des ordures, les services d'urgence, les travaux de réparation, le transport, le tourisme, le sport et certains types de travaux industriels. Les pays les plus pauvres, qui n'ont pas les moyens financiers nécessaires pour s'adapter, seront les plus touchés (OIT, 2019).

*Et encore l'OIT se base sur un scénario très optimiste d'un réchauffement de 1,5°C d'ici la fin du siècle

LE RISQUE D'UNE CRISE ALIMENTAIRE MONDIALE

Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), plus de 800 millions de personnes dans le monde souffrent actuellement d'une faim chronique. Pire, après avoir baissé durant les dernières décennies, ce chiffre est désormais en augmentation* (OMM, 2019) et pourrait même exploser à l'avenir.

Tout d'abord, en raison de l'accroissement de la population et des changements apportés aux régimes alimentaires (les habitants des pays émergents mangent de plus en plus de viandes), qui devraient augmenter les besoins alimentaires de 60 % d'ici à 2050 (FAO, 2015).

Ensuite, à cause du changement climatique : dans son dernier rapport spécial "Changement climatique et terres", le GIEC prévient de l'apparition imminente d'une crise alimentaire si les émissions carbone restent incontrôlées, et ce, plus particulièrement dans les régions tropicales et subtropicales (GIEC, 2019).

*758,4 millions en 2015 VS 821,6 millions en 2018

Source : Billycm de Pixabay


Des évènements météorologiques extrêmes à répétition qui renforcent l'insécurité alimentaire

Selon la FAO, l'augmentation de la fréquence des évènements météorologiques extrêmes, et en particulier des épisodes de sécheresse, est la première responsable de la hausse du nombre de personnes souffrant de la faim observée au cours de ces dernières années (OMM, 2019).

La Somalie a par exemple subi deux famines directement liées à des sécheresses au cours de ces 10 dernières années, la famine de 2011 ayant causé la mort de 260 000 personnes. Autre exemple plus récent, entre juin et août 2019, durant la difficile période de soudure qui sépare la saison sèche et la saison des pluies, environ 9,7 millions de personnes étaient en état d’insécurité alimentaire sévère en Afrique de l’Ouest.


Vers une baisse des rendements agricoles ?

En Europe, durant l'été 2019, les vagues de chaleur d'une intensité record ont affecté de nombreuses cultures, touchant notamment la production vinicole française avec une baisse de 13 % (Novethic.fr, 2019d) : peut-être un prémice de ce qui nous attend à l'avenir.

En effet, selon le GIEC, le changement climatique, en l'absence d'adaptation, devrait avoir une incidence négative sur la production des principales cultures (blé, riz, maïs et soja), et ce dès 2030. Les baisses de rendement agricoles de 10 à 25 % pourraient même devenir chose courante en 2050, avec des variations très importantes selon les années. Les régions tropicales seront les plus touchées par ce phénomène mais les régions tempérées n'en seront pas non plus exemptées (OMM, 2019).  Dans certaines zones du Sahel, les rendements agricoles devraient même diminuer de 20 % par décennie d’ici la fin du 21ème siècle.


En outre, les modélisations scientifiques montrent que, lorsque le réchauffement se rapproche de + 2°C, la probabilité que les principaux producteurs de céréales dans le monde subissent un choc climatique durant la même saison devient élevée (Novethic.fr, 2019d).

Enfin, la hausse des températures devrait entrainer une baisse de 40 % des captures de la plupart des espèces de poissons (FAO, 2015).

Moins de nourriture pour des besoins alimentaires croissants : rien de rassurant !


Vers une réduction de la qualité nutritionnelle des aliments

En plus de contribuer à l'effet de serre et donc au changement climatique, l'augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère altèrera aussi la valeur nutritionnelle de centains aliments. En effet, lorsqu'il y a plus de carbone dans l'air, la plante atteint une plus grande taille, produit plus de graines*... mais avec une teneur en nutriments réduite.

Ainsi, les teneurs en protéines, fer et en zinc pourraient réduire de 3 à 17 % d'ici 2050 pour les cultures de base. Ce phénomène pourrait être particulièrement problématique pour le riz, qui reste l'aliment de base de la moitié de l'humanité (Sciencesetavenir, 2018).

*La plante se sert du CO2 pour "respirer" (photosynthèse)

L'AUGMENTATION DE LA MISÈRE ET DES INÉGALITÉS

L'injustice climatique

S’il est déjà reconnu que l’accessibilité aux ressources comme l’eau, la nourriture ou l’énergie n’est pas distribuée équitablement, il est également prévisible que les changements climatiques contribueront à détériorer cette situation et ce dans un futur proche (FAO, 2015).

On voit ainsi sur la carte ci-dessous, que le changement climatique touchera plus violemment les pays pauvres, situés en Afrique, en Amérique du Sud, en Asie du sud-est et dans le pacifique. Ce sont en effet les territoires les plus exposés au réchauffement climatique car ils sont situés là où il fait déjà plus chaud qu'ailleurs. En outre, leur économie repose en grande partie sur l'agriculture...et on a vu que le changement climatique entrainera des baisses de rendements agricoles (MOOC Avenir climatique, 2017a).

Exposition des pays aux risques liés au changement climatique - Source : copie-écran du MOOC Avenir Climatique S01E04 " 2°C - Evitons l'ingérable, gérons l'inévitable"


Enfin, ces pays ne sont pas suffisamment armés financièrement pour s'adapter aux aléas climatiques.

Prenons l'exemple d'une inondation : en France, quand il y a de fortes pluies en prévision, toute la population du territoire est prévenue par les autorités et a le temps de se mettre à l'abri. Pendant la crise, des services de protection et de secours protègent et viennent en aide aux personnes. Après la crise, en cas de sinistre, les assurances prennent le relai pour prendre en charge les dégâts matériels. Enfin, certains territoires à risque bénéficient de digues de protection (parfois insuffisantes, cependant). Dans les pays pauvres, rien de tout ça, c'est un peu "marche ou crève" ! (MOOC Avenir climatique, 2017a)

Ainsi, on comprend mieux comment les impacts du changement climatique ont toutes les chances d'augmenter les inégalités qui existent déjà entre pays riches et pays pauvres (Reseauactionclimat.org, 2019b). D'après le GIEC (GIEC, 2018), plusieurs centaines de millions de personnes supplémentaires pourraient être exposées à la fois aux risques liés au climat et à la pauvreté d'ici 2050*.

Pourtant, les pays en voie de développement sont souvent les moins responsables du réchauffement climatique actuel car ils consomment moins d'énergie par habitant que les pays développés et émettent donc moins de gaz à effet de serre** : c'est "l'injustice climatique" (MOOC Avenir climatique, 2017a).

*Dans un scénario de +2°C de réchauffement par rapport à l'ère pré-industrielle
** Les pays du G20 représentent à eux seuls 81 % des émissions mondiales de CO2


La changement climatique favorise l'esclavagisme

Selon l'Organisation Internationale du Travail, il y avait en 2019, 40,3 millions d'esclaves dans le monde. Rapporté à la population mondiale, cela représente plus d'un humain sur 200. Or, nos émissions de CO2 favorisent une partie de cet esclavagisme, comme expliqué dans la vidéo du site Novethic :



La sécurité mondiale en danger

Source : Welcome to all and thank you for your visit ! ツ de Pixabay


Les effets du changement climatique tels que la chaleur extrême, la sécheresse, l'élévation du niveau de la mer et l'intrusion d'eau salée dans les nappes phréatiques (qui rend l'eau impropre à la consommation) nourrissent l'instabilité politique, les déplacements massifs de personnes et les conflits... qui pourraient donc s'intensifier au cours des prochaines décennies (IMCCS, 2020).

On estime notamment que d'ici 2050, il y aura plus de 500 millions de réfugiés climatiques dans le monde. Quand on voit les difficultés rencontrées aujourd'hui en France pour gérer quelques dizaines de milliers de réfugiés, ça peut faire réfléchir... (MOOC Avenir climatique, 2017a)

Ainsi, d'après l'IMCCS (International military council on climate and security), le changement climatique fait peser un risque important sur la sécurité mondiale d'ici à 2040 (IMCCS, 2020).

L'exemple édifiant du Sahel (Goodplanet.info, 2019)
Confronté à d’immenses défis comme la pauvreté, la pression démographique et les violences jihadistes, le Sahel est particulièrement vulnérable aux changements climatiques. Pluies diluviennes, sécheresses, terres dégradées : les perturbations liées au climat sont déjà visibles dans cette région où les températures augmentent 1,5 fois plus vite que dans le reste du monde. Autre effet du réchauffement : l’érosion côtière s’accentue d'1 à 2 mètres par an au Sénégal et à Djibouti et de 20 à 30 mètres par an dans le golfe de Guinée. Au Sahel, deux habitants sur trois vivent de l’agriculture et de l’élevage tandis que l’immense majorité des terres cultivées sont dépourvues de système d’irrigation. Le nombre d'émigrés climatiques est difficile à évaluer mais la raréfaction des ressources naturelles exacerbe les tensions... comme en 2018 où les affrontements pour la terre entre éleveurs et agriculteurs avaient fait des centaines de morts au Nigeria.

Article rédigé par Vivien Lecomte en mars 2020, Ecotoxicologie.fr : tous droits réservés

 

Comment agir contre le changement climatique ?

Devenir végétarien ? Acheter une voiture électrique ? Planter 10 arbres dans son jardin ? Revenir à l'âge de pierre ?

Rendez-vous dans quelques semaines pour découvrir le dernier article de ce dossier, qui vous permettra, sans langue de bois, de découvrir les actions permettant de lutter contre le changement climatique !

 

EN SAVOIR PLUS SUR LES CONSEQUENCES DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE
-Vidéo MOOC "Avenir Climatique" : "2°C - Evitons l'ingérable, gérons l'inévitable"- septembre 2017

-Rapport spécial "Le réchauffement climatique à +1,5°C - Groupement d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) - Résumé à l'attention des décideurs - 2018

-Etat du climat mondial 2015-2019 : le changement climatique s'accélère -
Organisation Météorologique Mondiale (OMM) - septembre 2019

-Chiffres clés du climat France, Europe et Monde
- Commissariat Général au Développement Durable (CGEDD), édition 2020, novembre 2019



bandeau_bas_index
Nous contacter