Evénèments météorologiques extrêmes : les incendies

Vers des événements extrêmes plus intenses et plus fréquents

Vagues de chaleur, sécheresses, inondations, cyclones… L’intensification des événements météorologiques extrêmes est probablement l’une des conséquences du changement climatique les plus médiatisées.

Mais qu’en est-il réellement ?
Pourra-t-on encore vivre dans le sud de la France à la fin du siècle ? Est-il vrai que les cyclones sont de plus en plus dévastateurs ? Les inondations seront-elles fréquentes à l’avenir ?

Les réponses dans cet article !

I. ÇA CHAUFFE !

En France : jusqu’à 55°C à l’ombre

Tout comme l’ensemble de la planète, la France connait un réchauffement marqué depuis 1900. Les quatre années les plus chaudes ont d’ailleurs été observées au XXIème siècle : respectivement 2014, 2011, 2015 et 2018. Sur la période 1959-2009, la tendance observée est d’environ + 0,3°C par décennie (MTES, 2017).

Ce réchauffement est à l’origine de vagues de chaleurs plus intenses et plus fréquentes, et particulièrement marquées dans les villes. On parle d’îlots de chaleur urbains.

Et bien sûr, cela ne va pas aller en s’arrangeant ! Le nombre de jours “anormalement chauds” (= température maximale supérieure de plus de 5°C à la normale 1981-2010) va continuer à augmenter, avec possiblement, selon le scénario intermédiaire du GIEC :

  • 20 à 40 jours anormalement chauds supplémentaires dans un horizon proche (2021-2050) ;
  • et 100 jours supplémentaires en 2100.

Concrètement, si rien n’est fait pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, Météo France prévoit qu’à partir de 2070, une canicule comme celle de 2003 (qui a fait près de 15 000 morts en France et 70 000 morts en Europe !) pourrait se produire tous les deux ans en moyenne. Bien sûr il y aura des moins importantes, mais aussi des plus intenses (reseauactionclimat.org, 2019), avec des températures pouvant aller jusqu’à 55°C (à l’ombre !).

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Certaines régions du monde pourraient devenir inhabitables

Mais si la France restera habitable malgré une hausse du mercure, certains pays n’auront pas cette chance. Déjà aujourd’hui, selon l’OMS, environ 30 % de la population mondiale est exposée à des températures mortelles au moins 20 jours par an…. et ce n’est qu’un début.

Selon une étude du MIT (Novethic.fr, 2018) :

  • la Plaine du Nord de la chine et ses 400 millions d’habitants, sera l’endroit le plus menacé de la Terre par des vagues de chaleur ;
  • le Brésil, le Venezuela et le Nigeria subiront, dans certaines régions, des canicules mortelles durant plus de 300 jours par an d’ici la fin du siècle ;
  • les pays du golf persique seront exposés, en 2100, à une température proche de 80°C lors des pics de chaleur humide.

La climatisation comme solution ?

Les études scientifiques montrent que si on généralisait la climatisation à l’ensemble des bâtiments de la ville de Paris, la température extérieure augmenterait de 2°C ! (sans compter les dépenses énergétiques pharaoniques que cette climatisation induirait) : c’est donc une mauvaise solution. A contrario, la végétalisation des rues et des toits pourrait réduire la température de 2°C (reseauactionclimat.org, 2019) et constitue donc une mesure d’adaptation efficace au réchauffement climatique.

Des sécheresses et des incendies plus fréquents

En lien avec ces vagues de chaleurs, on observe également des sécheresses à répétition qui menacent l’accès à l’eau pour l’agriculture et les besoins humains. Durant l’été 2017 par exemple, 85 départements français ont été placés en alerte sécheresse et une 40aine de départements ont été soumis à des restrictions d’eau.

Les feux de forêts devraient également devenir plus fréquents et s’étendre vers le nord de la France. Les incendies qui ont frappé l’Australie en 2019-2020 sont un premier (terrible) avertissement. Rappelons qu’en huit mois, ils ont conduit à la destruction de près de 20 % de la forêt du pays, au décès de 28 personnes*, à la mort de plus d’1 milliards d’animaux et à l’émission d’autant de CO2 que l’Australie en émet chaque année (Novethic.fr, 2020a et Novethic.fr, 2020b). Et pourtant, sur l’année 2019, l’Australie n’est que le… 3ème pays le plus touché par les incendies, derrière la République Démocratique du Congo et la Russie (Global Forest Watch, 2020).

*Bilan du nombre de morts au 12 janvier 2020

Evénèments météorologiques extrêmes : les incendies
Source : WikiImages de Pixabay

II. ÇA DÉBORDE !

Le changement climatique conduit également à une augmentation du risque d’inondations. C’est le cas dans les zones littorales en raison de l’élévation du niveau de la mer mais aussi dans les zones exposées à des pluies extrêmes.

En France, la région méditerranéenne est marquée par une intensification des précipitations au cours de ces dernières années (Vautard, 2015). Sur le massif des Cévennes, les précipitations journalières moyennes maximales (= le maximum de pluie sur une journée) observées en automne ont augmenté de 30 % depuis 1950. Un événement pluvieux exceptionnel comme celui de 2014 a aujourd’hui trois fois plus de risque de se produire qu’au milieu du XXème siècle.

Lire aussi | Moins de banquises et de glaciers, mais plus d’eau dans les océans

III. ÇA SOUFFLE ?

Les modélisations climatiques ne prédisent pas d’augmentation de la fréquence des cyclones tropicaux sur l’ensemble de la planète, au cours du XXIème siècle. Ils pourraient même être un peu moins fréquents.

En revanche, les experts estiment que les plus forts cyclones seront probablement encore plus puissants à l’avenir, avec des vents maximums plus élevés et des précipitations associées plus intenses.

Des travaux récents indiquent également que du fait du réchauffement climatique, ces cyclones, qui se forment au dessus des eaux chaudes des mers tropicales, ont tendance à “migrer” vers les pôles des deux hémisphères, à raison de 50 à 60 km tous les 10 ans*. De ce fait, ils toucheront de plus en plus de territoires auparavant épargnés par ce type d’événement extrême (CGDD, 2018).

*C’est précisément la zone d’intensité maximale qui migre vers les pôles des deux hémisphères.


Article rédigé par Vivien Lecomte, 1 juin 2020, Ecotoxicologie.fr : tous droits réservés

EN SAVOIR PLUS…

Chiffres clés du climat France, Europe et Monde – Commissariat Général au Développement Durable (CGEDD), édition 2020, novembre 2019
Etat du climat mondial 2015-2019 : le changement climatique s’accélère – Organisation Météorologique Mondiale (OMM) – septembre 2019
China could face deadly heat waves due to climate change – MIT News – David L. Chandler – 31 juillet 2018

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