Historique de l’écotoxicologie
L’histoire de l’écotoxicologie débute dans les années 1970, à la suite de problèmes de santé publique et de perturbation de populations animales provoqués par des polluants.
Plusieurs exemples historiques ont particulièrement marqué les mémoires :
LA MALADIE DE ITAÏ ITAÏ À TOYOMA
Cette maladie est apparue dès 1912 dans la ville de Toyoma, au Japon, en raison d’une intoxication au cadmium. Ce métal lourd a été rejeté en grande quantité par l’exploitation minière massive entre 1910 et 1945, notamment pour satisfaire la production d’armement. Ainsi, Jinzu, la rivière locale, ainsi que ses affluents ont été très fortement pollués en cadmium durant cette période.
Or cette rivière était à cette époque utilisée pour irriguer les cultures de riz mais aussi comme source d’eau de lavage et d’eau potable. Ainsi :
- la mortalité des poissons de la rivière a augmenté ;
- le riz consommé par les habitants contenait une concentration très importante en cadmium.
Les premiers cas de maladie dus à l’intoxication au cadmium ont été signalés en 1912.

Sur les cartes ci-dessus, on voit bien que les zones les plus polluées (en foncé) correspondent aux zones où la maladie de Itaï Itaï atteint une grande proportion de la population.
Cette maladie provoque un ramollissement des os et une insuffisance rénale. Elle a été nommée ainsi par la population locale à cause des violentes douleurs aux articulations et à la colonne vertébrale (icett.or.jp, 2010).
LA MALADIE DE MINAMATA
Pendant des décennies, et jusqu’en 1966, la société Chisso, dirigeant une usine pétrochimique, a déversé des dérivés méthylés du mercure (forme chimique d’utilisation du mercure) dans les eaux de la baie de la ville de Minamata au Japon (150 tonnes au total).
Ce polluant a contaminé l’eau et les fonds marins et par suite les poissons (avec des taux atteignant jusqu’à 50mg/kg de poids frais de poisson), puis les pêcheurs et leur famille qui s’en nourrissaient. Cette contamination a entraîné des dysfonctionnements nerveux et des malformations chez les nouveau-nés. Près de 3 000 cas de ce qu’on a appelé la maladie de Minamata ont été officiellement recensés. 10 000 personnes seraient également affectées à un degré moindre.
Les effets de cette catastrophe se font encore ressentir aujourd’hui. En effet, la pêche a été interdite dans la baie et des opérations de décontamination et de drainage ont eu lieu sur une superficie de 58 hectares (goodplanet.info, 2011 ; Seme.uqar.qc.ca, 2005).
LES EFFETS DU PESTICIDE DDT
Le DDT (dichlorodiphényldichloroéthane) est un insecticide de la famille chimique des organochlorés.

Source : d’après Vasseur, 2006 – Licence : tous droits réservés
Ce produit a été intensément utilisé à partir du début de la deuxième guerre mondiale contre les insectes ravageurs des cultures et les insectes porteurs de maladie (malaria, typhus…) avec un certain succès (INERIS, 2007).

Cependant, ce pesticide a également démontré des effets toxiques très importants vis à vis des populations aquatiques et terrestres dans les régions régulièrement traitées pour la démoustication. Ainsi, le DDT est en partie responsable du déclin sévère des populations européennes et nord-américaines d’oiseaux piscivores (mangeurs de poissons) et des oiseaux de proie, à travers un amincissement de la coquille des œufs (Hickey, 1968 ; Peakall, 1970 ; Ratcliffe, 1970).
En effet, le DDT, ingéré à travers la consommation de poissons, empêche la formation normale de la coquille d’œuf. Celle-ci est parfois si fine qu’elle est cassée lors de la couvée.
Bien qu’interdit depuis les années 70 dans les pays occidentaux (principalement pour des raisons écologiques), on le retrouve encore aujourd’hui dans les sols et les eaux en raison de sa faible biodégradabilité.

Ces accidents révélaient :
- les conséquences néfastes pour l’Homme pouvant résulter de la pollution de l’environnement
- la transformation possible dans les milieux naturels de certains polluants en des formes plus toxiques
- et leur transfert possible via les chaînes alimentaires
Ainsi naissait l’écotoxicologie : » étude des modalités de contamination de l’environnement par les agents polluants naturels ou artificiels produits par l’activité humaine ainsi que de leurs mécanismes d’action et effets sur les êtres vivants qui peuplent la biosphère » (Ramade, 1977).
Avec pour objectifs :
- assurer la prévention par l’évaluation des dangers et des risques des polluants pour le monde vivant
- évaluer l’impact de la population existante sur la vie aquatique et terrestre
- identifier les mécanismes de toxicité et d’écotoxicité
Article rédigé par Vivien Lecomte, 2 décembre 2011 – Ecotoxicologie.fr
EN SAVOIR PLUS
–Les fondements de l’écotoxicologie française, Paule Vasseur – Fiche thématique n°22 du réseau ECOTOX, 2019
–Hommage à Jean-Michel Jouany, le père de l’écotoxicologie, Paule Vasseure, 2021
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Il se vend près de 6 shampoings chaque seconde en France soit près de 200 millions de bouteilles par an
Les produits d’entretien classiques contiennent des tensioactifs (appelés aussi agents de surface ou détergents) qui permettent d’éliminer les graisses et autres salissures à la surface de matériaux. Les détergents anioniques (charge négative) et amphotériques (dont la charge dépend du pH de l’eau) sont particulièrement présents dans les produits nettoyants, en raison de leurs propriétés nettoyantes et moussantes
Les phtalates, produits à quelque 6 millions de tonnes par an dans le monde
20 millions de lave-linge tournent en France chaque jour en moyenne
La France est le 4ème consommateur mondial de médicaments : plus de 3000 médicaments à usage humain et 300 médicaments vétérinaires sont actuellement disponibles sur le marché français. Une fois que ces substances ont agi dans l’organisme, elles sont excrétées, essentiellement dans les selles et les urines, puis relarguées dans les réseaux d’eaux usées (médicaments humains) et dans les sols (médicaments vétérinaires). Une partie de ces résidus de médicaments se retrouvent donc d’une manière ou d’une autre dans le milieu aquatique. Des traces de ces composés sont d’ailleurs régulièrement détectées dans les eaux de surface et même dans les eaux de nappe
On estime que 4000 à 6000 tonnes d’écran total sont libérées chaque année dans les zones de récifs tropicales par les 78 millions de touristes qui s’y rendent
En raison de son faible coût, l’huile de palme est, depuis quelques années, très utilisée dans l’alimentation: elle est présente dans 1 produit alimentaire empaqueté sur deux vendus en Europe (chips, biscuits, crème glacée, etc.). Or, la plantation de palmiers est à l’origine de déforestation, notamment en Indonésie. Dans ce pays, 3 millions d’hectares de forêt tropicale ont été détruits à cet effet entre 1990 et 2005 et le gouvernement prévoit un plan d’expansion des plantations de palmiers à huile de 14 millions d’hectares. La conversion des forêts en palmiers à huile a montré une perte de 80 à 100% des espèces de mammifères (dont l’orang-outan), reptiles et d’oiseaux dans ces zones
Les animaux se nourrissent d’aliments (céréales, petits animaux, etc.) contenant différents polluants. Au fil du temps, ces derniers s’accumulent dans l’organisme de l’animal et en particulier dans les graisses (phénomène de bioaccumulation). Ainsi, une étude de 2010 a révélé la présence de nombreux pesticides et de PCB dans du saumon et du steak haché achetés dans des supermarchés de la région parisienne
Tout comme les fruits et légumes, le riz peut contenir différents polluants tels que des pesticides, en particulier s’il est issu d’une agriculture intensive classique (non « bio »). Ainsi, une étude de 2010 a révélé la présence d’isoprothiolane et de tricyclazole, 2 pesticides interdits d’usage en Europe, dans du riz acheté dans des supermarchés de la région parisienne
L’eau du robinet est globalement de bonne qualité en France et les normes en vigueur sont généralement respectées
Les fruits et légumes issus de l’agriculture intensive « classique » (c’est à dire non « bio ») contiennent des mélanges à faibles doses de substances chimiques classées, par les instances officielles, cancérogènes certaines, probables ou possibles ou soupçonnées d’être perturbatrices du système endocrinien. C’est ce qu’illustre notamment une étude de 2010 qui a révélé la présence de nombreux pesticides dans des produits achetés dans des supermarchés de la région parisienne
Le lave-vaisselle est généralement moins consommateur en eau (12 L) que le lavage à la main qui dépend beaucoup du manipulateur (10 à 50 L)
Le liquide vaisselle est un détergent composé d’agents nettoyants appelés tensioactifs, mais aussi de colorants, conservateurs et parfums de synthèse. Bien que les tensioactifs ont l’obligation d’être biodégradables à 90%
Les composés perfluorés (PFC), tels que le téflon, ont la propriété de repousser l’eau, les matières grasses et la poussière. Ils sont ainsi utilisés comme antiadhésif dans de nombreuses poêles et casseroles. Les PFC sont persistants et s’accumulent dans les êtres vivants: certaines études ont révélé la présence de certains PFC dans les cours d’eau et les poissons (dans le foie notamment) ainsi que dans le sang humain
3,8 millions de tonnes de bisphénol A (BPA) ont été produits en 2006
Ces bouteilles contiennent notamment des phtalates, produits chimiques utilisés en tant que plastifiants et qui font partie de la famille des
Un commentaire
Mousbahou bio
Merci bcp de m’avoir aidé à trouver les solutions de mes problèmes.