Conséquences changement climatique - changer le monde

Réchauffement climatique : quelques degrés de plus qui changent le monde

Vous en êtes désormais convaincus : “le changement climatique, c’est maintenant !” et “le responsable, c’est l’homme !”

Ok ça c’est compris… mais quels sont les effets actuels et futurs de ce changement climatique ?
N’en fait-on pas un peu trop ?
Fin du ski alpin ou fin du monde ? 50°C à l’ombre ? Des citronniers en Bretagne ?

Voici un article vous permettant de découvrir à quoi pourrait ressembler le monde de demain, “réchauffé” de quelques degrés.

Bonne lecture !

UN RÉCHAUFFEMENT ACCÉLÉRÉ

On le sait, la température moyenne de la Terre dans son ensemble n’est pas stable et varie avec le temps. Notre planète était par exemple plus froide d’environ 5°C il y a 22 000 ans, lors de l’apogée de la dernière période glaciaire. A l’époque, le niveau de l’océan était plus bas d’environ 120 mètres, des glaciers de plusieurs kilomètres d’épaisseur s’arrêtaient au nord de la France et le reste de l’Europe n’était qu’une steppe glaciale quasiment désertique.

La température de la Terre a toujours fluctué… donc pas de quoi s’inquiéter du réchauffement climatique actuel ?
Si, car ce qui préoccupe la communauté internationale, c’est la vitesse de ce réchauffement, qui se produit à une cadence inégalée dans le passé.

Ainsi, depuis la fin du XIXe siècle, la température moyenne mondiale a augmenté de 1,1°C (Climate.copernicus.eu, 2018) et d’après le GIEC, ce réchauffement pourrait encore s’accélérer, atteignant +1,5°C à +6°C d’ici la fin du siècle. La température de la Terre risque donc d’augmenter d’autant en 200 ans qu’au cours des 22 000 dernières années ! La question est donc de savoir si les écosystèmes pourront s’adapter en “si peu de temps”…

Comparaison de l'occupation des sols il y a 20 000 as et actuellement
Différence de végétation entre la dernière période glaciaire et aujourd’hui – Source : copie-écran du MOOC Avenir Climatique S01E04 “2°C – Évitons l’ingérable, gérons l’inévitable”

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LES PREMIERS EFFETS SONT DÉJÀ VISIBLES (+1,1°C)

Alors que le réchauffement global n’est que de 1,1°C, les premières conséquences du changement climatique sont déjà là.

Ainsi, en France, la fréquence des canicules a doublé en 30 ans*. En 2019, à Paris, plus de neuf jours à plus de 36 °C de température maximale ont été enregistrés et, dans le Gard, le 12 août, le record absolu de température en France de 44°C a été dépassé. Un événement d’une intensité exceptionnelle… mais plus pour très longtemps (Reseauactionclimat.org, 2019).

En Inde, toujours en 2019, les températures ont dépassé les 50°C (à l’ombre), un climat qui renforce la sécheresse et rend l’eau de plus en plus rare : au sud de Mumbai, la région serait même devenue un vrai désert et près de 90 % de la population aurait fui, selon le journal The Guardian.

Autre illustration, l’Indonésie projette de changer de capitale à partir de 2024 : sa capitale actuelle, Jakarta, subit la surpopulation et les embouteillages, mais est surtout la cible de tsunamis et d’inondations qui se multiplient à cause du réchauffement climatique. Selon certains experts, plus d’un tiers de la ville pourrait se retrouver sous l’eau dès 2050 (SciencePost.fr,2019).

*Doublement à la fois du nombre de canicules et de la population exposée entre 1974-1983 et 2004-2013 en France

1,5°C OU 2°C DE PLUS : DEUX MONDES DIFFÉRENTS

Le 12 décembre 2015, l’accord de Paris sur le climat a été adopté par 195 pays lors de la COP21. L’objectif de cet accord est de “contenir l’augmentation de la température moyenne en-deçà de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, et de s’efforcer de limiter cette augmentation à 1,5°C“.

Mais quelles sont les différences entre un monde à +1,5°C ou à +2°C ?
Quelques éléments de réponse sont donnés dans le tableau comparatif ci-dessous, basé sur le rapport spécial commandé au GIEC à la suite de la COP21 (GIEC, 2018).

On y voit notamment qu’en comparaison avec un monde à 1,5°C, un réchauffement à 2°C générerait des vagues de chaleur plus importantes, exposerait plusieurs centaines de millions de personnes supplémentaires à la pauvreté et entraînerait une fonte complète de la banquise arctique 1 fois par décennie au lieu d’1 fois par siècle.

Les effets du changement climatique dans un monde à +1,5°C et +2°C
Les impacts d’un réchauffement climatique dans un monde à 1,5°C ou 2°C de plus qu’à l’ère pré-industrielle – Source : GIEC, 2018 – Conception : Ecotoxicologie.fr

AU-DELÀ DE 2°C : DES CONSÉQUENCES CATASTROPHIQUES ET IRRÉVERSIBLES

Malheureusement, si le réchauffement de la Terre continue à ce rythme, il devrait atteindre 1,5°C entre 2030 et 2052 et dépasser le seuil des 2°C avant la fin du siècle (UNEP, 2019). En effet, au vu des engagements pris par l’ensemble des pays dans le cadre de l’accord de Paris, il est prévu que la température moyenne augmente d’environ 3°C* d’ici 2100.

Estimation de la hausse de la température mondiale en 2100 selon les engagements et politiques actuels
Les chiffres centraux (2,8°C et 3,0°C) sont les médianes de l’augmentation prévue en 2100 – Source : Climate Action Tracker, 2019 (traduit et adapté de l’anglais) –

* Si les engagements pris sont respectés : +3,2°C selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP, 2019) et +2,8°C selon Climate Action Tracker (CAT, 2019) ; selon les politiques actuelles, +3,0°C selon Climate Action Tracker

A quoi ressemblerait un monde aussi chaud ?

Un monde que ni vous, ni moi, ni surtout nos enfants et petits-enfants ne souhaiteraient connaître. Car si l’accord de Paris s’est fixé un seuil de 2°C à ne pas dépasser, c’est parce qu’au-delà, les conséquences pourraient s’avérer catastrophiques et irréversibles.

Ainsi, dans un monde compris entre 3°C et 4°C de réchauffement, le niveau de la mer pourrait s’élever de plus d’un mètre en 2100, sous l’effet de la fonte des glaciers et des calottes glaciaires (Groenland et Antarctique). Un tel scénario aurait des conséquences majeures pour les régions côtières, notamment dans les mégalopoles d’Asie, en Afrique et dans le Pacifique Ouest (Global-climat.com, 2017).

Un monde où, si le réchauffement atteint +4,5°C, près de la moitié des espèces présentes sur la Terre pourraient disparaître, en particulier la flore (Novethic.fr, 2018b).

Lire aussi | Le changement climatique aggrave l’érosion de la biodiversité

Un monde où la température pourrait grimper jusqu’à 55°C (à l’ombre) en France, dès 2070 et où les vagues de chaleur mortelles pouvant atteindre 80°C pourraient rendre de vastes territoires inhabitables en Chine, au Brésil, au Nigeria ou dans les pays du Golfe persique d’ici la fin du siècle (MIT – Novethic.fr, 2018).

Un monde dans lequel le dégel massif du permafrost* (sol en permanence gelé dans la zone arctique) pourrait faire resurgir certains virus disparus ou inconnus, et être à l’origine de pandémies comparables au COVID19 (Actu-environnement.com, 2020).

*Le permafrost pourrait perdre 70 % de sa surface d’ici 2100

Un risque d’emballement du système climatique

Ensuite, si on parle toujours d’un seuil de +2°C, c’est parce qu’au delà, il y a un risque d’emballement du système… en raison de ce qu’on nomme des boucles de rétroactions positives.

On parle de rétroactions positives lorsque le réchauffement climatique peut entraîner son propre renforcement : plus il fait chaud, plus les mécanismes responsables du réchauffement sont renforcés, plus il fait chaud, etc. Il est alors difficile de prévoir à quelle température aura lieu le nouvel équilibre et quelles en seront les conséquences (MOOC Avenir climatique, 2017b).

Les rétroactions positives dans le réchauffement climatique  : fonctionnement
Les rétroactions positives – Source : copie-écran du MOOC Avenir Climatique S01E03 : “Changement Climatique – Chaud Devant !”

La vidéo du MOOC “Avenir Climatique” vous permettra de comprendre ce qui se cache derrière cette notion de rétroaction positive à travers deux exemples : l’albédo et la fonte du permafrost (sol gelé en permanence).

TOUT EST LIÉ !

Les émissions de gaz à effet de serre sont responsables du réchauffement climatique… qui engendre des vagues de chaleur… qui favorisent les incendies… qui entraînent la déforestation… qui émet du CO2 dans l’atmosphère… et la boucle est bouclée !

A travers cette petite vidéo, découvrez une partie des liens qui existent entre les causes et les effets du changement climatique actuel, sous la forme d’un logigramme animé :


Article rédigé par Vivien Lecomte, 27 avril 2020, Ecotoxicologie.fr : tous droits réservés

EN SAVOIR PLUS

Vidéo MOOC “Avenir Climatique” : “2°C – Évitons l’ingérable, gérons l’inévitable”- septembre 2017
Rapport spécial “Le réchauffement climatique à +1,5°C – Groupement d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) – Résumé à l’attention des décideurs – 2018
Etat du climat mondial 2015-2019 : le changement climatique s’accélère – Organisation Météorologique Mondiale (OMM) – septembre 2019
Chiffres clés du climat France, Europe et Monde – Commissariat Général au Développement Durable (CGEDD), édition 2020, novembre 2019

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