Autour de la pollution | Paroles d'écotoxicologues

Découvrez notre blog des écotoxicologues, initié par Nathalie Chèvre, maître d'enseignement et de recherche à l'Université de Lausanne. Dès février 2022, nous vous proposerons une fois par mois l'éclairage d'un chercheur sur les pollutions chimiques et leurs conséquences pour notre environnement. ⇒ Abonnez-vous à ce blog par e-mail (Newsletter d'Ecotoxicologie.fr)

  • La pollution qui nous entoure

    Peut-on gérer la pollution toxique du monde qui nous entoure ?

    PAR NATHALIE CHÈVRE(N’hésitez pas à commenter l’article en bas de page 🙂 ) Pour les personnes qui travaillent depuis de nombreuses années sur le risque des substances chimiques, il arrive que l’on se questionne sur la pertinence de notre travail, vu le peu de mesures qui sont prises pour légiférer dans ce domaine. L’interdiction de substances chimiques problématiques prend énormément de temps, et se fait souvent sous la pression des ONGs et de la population. REACH, le règlement européen qui devait révolutionner la gestion du risque des polluants chimiques, ressemble à un pétard mouillé. Au-delà de fournir l’accès à de nouvelles données de toxicité et d’écotoxicité, ce règlement n’a pas…

  • Wikipedia - Terres rares

    Pollution par les terres rares : quels sont les effets sur les organismes aquatiques ?

    PAR JOZEF DENHEZ(N’hésitez pas à commenter l’article en bas de page 🙂 ) L’accroissement des nouvelles technologies et la transition énergétique entraînent l’exploitation de plus en plus de métaux critiques et stratégiques dans le monde, comme les terres rares. Ces dernières représentent une famille de 17 éléments du tableau périodique (Figure 1) : les 15 lanthanides (1ère ligne sous le tableau), ainsi que l’yttrium (Y) et le scandium (Sc). Les terres rares sont un maillon essentiel de la transition énergétique Contrairement à ce que pourrait laisser penser leur nom, certaines terres rares sont présentes en abondance dans la croûte terrestre, dans des proportions similaires à des métaux bien connus comme le…

  • Transport, bioaccumulation et biomagnification des PFAS

    Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) : quel risque ces « polluants éternels » font-ils peser sur l’environnement ?

    PAR Sarah Berns, Théo Ciccia, Ludovic Faravel, Ophélia Gestin et Léa Tison(N’hésitez pas à commenter l’article en bas de page 🙂 ) La famille des per- et polyfluoroalkylées (PFAS) regroupe environ 5 000 molécules chimiques synthétiques présentant des chaînes carbonées plus ou moins longues ainsi que des atomes de fluor (cf. Figure 1). En raison de leurs propriétés antiadhésives, de résistance aux fortes chaleurs et d’imperméabilité, ces molécules sont utilisées dans de nombreux domaines comme l’automobile, le textile, les emballages alimentaires, les poêles antiadhésives, les cosmétiques ou encore l’électronique (Podder et al., 2021 ; ANSES.fr, 2022). Des polluants « éternels » omniprésents dans l’environnement Produits depuis le début des années 1950, les…

  • Blague poisson réchauffement climatique

    Changement climatique : ça chauffe pour les poissons !

    PAR JIMMY DEVERGNE, EMILIE REALIS ET MARIEM ZAIDI Depuis la fin du 19ème siècle et la révolution industrielle, les activités humaines affectent notoirement les écosystèmes. Ces modifications pourraient mener à un pourcentage d’extinction locale plus élevé dans les habitats d’eau douce (74%), que dans les habitats terrestres (46%) ou les habitats marins (51%). Une des modifications principales est liée au changement climatique avec une hausse de la température. Les eaux de surface (rivières, lacs, océans, etc.) absorbent près de 93% du réchauffement atmosphérique et sont donc particulièrement impactées par les variations de température. La très grande majorité (99 %) des poissons ne régulent pas leur température par eux-mêmes, et sont…

  • Grenouille

    Entre écotoxicologie et éthique

    PAR NATHALIE CHÈVRE En écotoxicologie, nous testons la toxicité des substances chimiques sur des espèces vivantes. Des plantes, des algues, des microcrustacés, des poissons ou des grenouilles. Et cela ne nous fait pas plaisir. En effet, lorsque l’on travaille avec l’idée de protéger l’environnement, il est peu confortable de penser que l’on fait « souffrir » des animaux ou des végétaux. La règle des 3R Il existe bien sûr une législation assez stricte. En Suisse, la Loi sur la Protection des Animaux. En France, dès 2015, le Code civil considère que les animaux sont des êtres sensibles, et qu’ils doivent donc être protégés comme tels. Cela implique, comme chercheur ou chercheuse, que…

  • Bilan du colloque annuel de la SEFA : « SEFA-Metz-2022 »

    Le colloque annuel de la SEFA (Société d’Écotoxicologie Fondamentale et Appliquée)a été organisé à Metz par les écotoxicologues du LIEC et il s’est tenu sur le campus Bridoux les 30 juin et 1er juillet. Les thèmes abordés Observation dans l’espace et le temps : quels enjeux pour l’écotoxicologie ? Le dérèglement climatique et les rapports du GIEC, au-delà de nous rappeler l’urgence d’agir concrètement, montrent également l’importance de l’acquisition de données sur le temps long pour mieux comprendre et interpréter les signaux de notre environnement et mieux en prédire les trajectoires à venir. D’une autre manière, et sans en être déconnectée, l’écotoxicologie prend part à cette surveillance de la respiration…

  • Aluminium

    L’aluminium, un polluant méconnu mais pas sans conséquences

    PAR JIMMY DEVERGNE, EMILIE REALIS ET MARIEM ZAIDI(N’hésitez pas à commenter l’article en bas de page 🙂 ) Dans les milieux aquatiques, les métaux se trouvent naturellement en faibles concentrations, de l’ordre du nanogramme par litre. Cependant, en raison de diverses activités humaines (industrie chimique, combustions partielles des carburants, extraction minière,…), les métaux sont devenus les contaminants les plus répandus à la surface de la Terre. Ils font notamment partie des composés chimiques les plus présents dans les environnements estuariens et marins, où des concentrations élevées de métaux ont été mesurées dans les sédiments, l’eau et les êtres vivants.  Quelques repères :-1 nanogramme est 1 milliard de fois plus léger…

  • L’eau de pluie non potable ?

    PAR NATHALIE CHÈVRE(N’hésitez pas à commenter l’article en bas de page 🙂 ) « L’eau de pluie est impropre à la consommation ». Cette information, vous avez peut-être pu la lire dans les médias récemment. Les auteurs de l’étude citée ont rassemblé les données mesurées par différents chercheurs depuis 2010, ceci aussi bien en Chine, qu’aux États-Unis ou en Suède. Ces données montrent que les concentrations en substances perfluorées dans l’eau de pluie sont la plupart du temps largement en dessus des normes fixées pour l’eau potable aux États-Unis. L’eau de pluie se charge des polluants présents dans l’atmosphère Le fait que l’eau de pluie soit polluée n’est pas une découverte. En…

  • Etangs et pesticides

    Que sait-on de la contamination des étangs par les pesticides ?

    PAR GASPARD CONSEIL Lorsque l’on atterrit en Lorraine et plus précisément en Moselle, il est peu probable de passer à côté des multiples masses d’eau qui peuplent le paysage : les étangs.  Ces derniers, pour une large part, furent creusés au Moyen Âge pour développer une activité de pisciculture locale et ont aujourd’hui gardé cette vocation piscicole, à laquelle s’ajoutent de nombreux enjeux environnementaux et socio-culturels. Dans le cadre de travaux de recherche, ces étendues d’eaux stagnantes font l’objet de divers questionnements. Les chercheurs étudient notamment « l’objet géographique » qu’elles constituent, au travers de leur répartition territoriale, de leurs usages et fonctionnalités (aquaculture, tourisme, loisirs, paysage, etc.), et de leur gestion (Mathis,…

  • Un monde sans pollution chimique

    Un monde « sans pollution chimique » est-il possible ?

    PAR NATHALIE CHÈVRE Le 25 avril 2022, l’Europe a publié sa « feuille de route » pour interdire les substances chimiques les plus dangereuses. Cette publication fait suite à la décision prise par la Commission européenne le 14 octobre 2020, de tendre vers un environnement sans pollution chimique. Concrètement cette stratégie vise à « stimuler l’innovation en faveur de produits chimiques plus sûrs et plus durables » et à renforcer « la protection de la santé humaine et de l’environnement contre les produits chimiques dangereux ». Elle prévoit notamment « d’interdire l’utilisation des produits chimiques les plus nocifs dans les produits de consommation tels que les jouets, les articles de puériculture, les cosmétiques, les détergents, les matériaux…