-
L’aluminium, un polluant méconnu mais pas sans conséquences
PAR JIMMY DEVERGNE, EMILIE REALIS ET MARIEM ZAIDI(N’hésitez pas à commenter l’article en bas de page 🙂 ) Dans les milieux aquatiques, les métaux se trouvent naturellement en faibles concentrations, de l’ordre du nanogramme par litre. Cependant, en raison de diverses activités humaines (industrie chimique, combustions partielles des carburants, extraction minière,…), les métaux sont devenus les contaminants les plus répandus à la surface de la Terre. Ils font notamment partie des composés chimiques les plus présents dans les environnements estuariens et marins, où des concentrations élevées de métaux ont été mesurées dans les sédiments, l’eau et les êtres vivants. Quelques repères :-1 nanogramme est 1 milliard de fois plus léger…
-
L’eau de pluie non potable ?
PAR NATHALIE CHÈVRE(N’hésitez pas à commenter l’article en bas de page 🙂 ) « L’eau de pluie est impropre à la consommation ». Cette information, vous avez peut-être pu la lire dans les médias récemment. Les auteurs de l’étude citée ont rassemblé les données mesurées par différents chercheurs depuis 2010, ceci aussi bien en Chine, qu’aux États-Unis ou en Suède. Ces données montrent que les concentrations en substances perfluorées dans l’eau de pluie sont la plupart du temps largement en dessus des normes fixées pour l’eau potable aux États-Unis. L’eau de pluie se charge des polluants présents dans l’atmosphère Le fait que l’eau de pluie soit polluée n’est pas une découverte. En…
-
Que sait-on de la contamination des étangs par les pesticides ?
PAR GASPARD CONSEIL Lorsque l’on atterrit en Lorraine et plus précisément en Moselle, il est peu probable de passer à côté des multiples masses d’eau qui peuplent le paysage : les étangs. Ces derniers, pour une large part, furent creusés au Moyen Âge pour développer une activité de pisciculture locale et ont aujourd’hui gardé cette vocation piscicole, à laquelle s’ajoutent de nombreux enjeux environnementaux et socio-culturels. Dans le cadre de travaux de recherche, ces étendues d’eaux stagnantes font l’objet de divers questionnements. Les chercheurs étudient notamment « l’objet géographique » qu’elles constituent, au travers de leur répartition territoriale, de leurs usages et fonctionnalités (aquaculture, tourisme, loisirs, paysage, etc.), et de leur gestion (Mathis,…
-
Un monde « sans pollution chimique » est-il possible ?
PAR NATHALIE CHÈVRE Le 25 avril 2022, l’Europe a publié sa « feuille de route » pour interdire les substances chimiques les plus dangereuses. Cette publication fait suite à la décision prise par la Commission européenne le 14 octobre 2020, de tendre vers un environnement sans pollution chimique. Concrètement cette stratégie vise à « stimuler l’innovation en faveur de produits chimiques plus sûrs et plus durables » et à renforcer « la protection de la santé humaine et de l’environnement contre les produits chimiques dangereux ». Elle prévoit notamment « d’interdire l’utilisation des produits chimiques les plus nocifs dans les produits de consommation tels que les jouets, les articles de puériculture, les cosmétiques, les détergents, les matériaux…
-
Les huiles essentielles : méthodes de production, composition et applications
Aromathérapie, cosmétiques, alimentation, « biopesticides »… Ces dernières années, les huiles essentielles font l’objet d’un vrai engouement pour un large éventail d’applications, et voient leur production grimper en flèche. Quelles sont les huiles essentielles les plus vendues, comment sont-elles fabriquées et que contiennent-elles ? L’essentiel sur ces huiles, dans cet article ! I. LA PRODUCTION MONDIALE D’HUILES ESSENTIELLES EST EN PLEIN ESSOR 1. Le vent en poupe L’utilisation des huiles essentielles remonte à plusieurs millénaires, comme l’attestent les parfums retrouvés dans de nombreuses fouilles archéologiques égyptiennes. Le XIXème siècle marque le début de leurs applications industrielles (Brud, 2020). Mais ce n’est que récemment que la production d’huiles essentielles a connu un réel essor,…
-
Des médicaments dans nos eaux
PAR NATHALIE CHÈVRE Le mois passé, une étude publiée dans la revue scientifique PNAS dressait l’état des lieux de la pollution des rivières par les médicaments à travers le monde. Et le constat fait froid dans le dos. Des médicaments ont été détectés dans la plupart des 258 rivières analysées, réparties dans 104 pays, eux-mêmes distribués sur tous les continents. Certes, les concentrations les plus élevées ont été détectées dans des pays qui n’ont pas ou peu d’infrastructures de traitement des eaux usées. Mais chez nous aussi, les médicaments sont bien présents. Dans la Senne, à Bruxelles, et dans l’Alzette, au Luxembourg, c’est un cumul de pas moins de 10…
-
Les eaux usées : reflets de nos modes de vie
PAR NATHALIE CHÈVRE Nos déchets, on y pense rarement. On les glisse dans nos poubelles et on les oublie. On les dépose dans des containers de couleurs, containers vidés par des camions qui partent au loin. Et pourtant. Nos déchets racontent des bouts de notre quotidien. Ce que l’on a mangé, ce que l’on acheté, ce que l’on a lu… Mais il y a d’autres déchets auxquels on pense encore moins. Ce sont ceux qui s’écoulent dans nos éviers, nos toilettes et nos baignoires. Comme pour les déchets solides des poubelles, leurs analyses sont des indicateurs très intéressants de nos modes de vie. Ce que révèle l’analyse des eaux usées…
-
Les bioessais de laboratoire : évaluer la toxicité des polluants en conditions contrôlées
L’évaluation des effets des polluants sur les organismes vivants fait classiquement appel à des bioessais en laboratoire, qui permettent de mesurer la toxicité de ces substances dans des conditions contrôlées. Principes, utilisations, classification, avantages et limites de ces outils : vous saurez tout (ou presque) grâce à cet article ! I. LABORATOIRE, TERRAIN, MODÉLISATION : DES APPROCHES COMPLÉMENTAIRES EN ÉCOTOXICOLOGIE On distingue classiquement trois grandes approches en écotoxicologie : les expérimentations de laboratoire, le terrain et la modélisation. Le mésocosme est généralement considéré comme l’intermédiaire entre le laboratoire et le terrain. Pour des raisons pratiques, l’écotoxicologie s’est historiquement centrée sur les expérimentations de laboratoire, dans une démarche proche de la toxicologie (Pery, 2009).…
-
Historique de l’écotoxicologie
L’histoire de l’écotoxicologie débute dans les années 1970, à la suite de problèmes de santé publique et de perturbation de populations animales provoqués par des polluants. Plusieurs exemples historiques ont particulièrement marqué les mémoires : LA MALADIE DE ITAÏ ITAÏ À TOYOMA Cette maladie est apparue dès 1912 dans la ville de Toyoma, au Japon, en raison d’une intoxication au cadmium. Ce métal lourd a été rejeté en grande quantité par l’exploitation minière massive entre 1910 et 1945, notamment pour satisfaire la production d’armement. Ainsi, Jinzu, la rivière locale, ainsi que ses affluents ont été très fortement pollués en cadmium durant cette période. Or cette rivière était à cette époque…
-
Notions essentielles de l’écotoxicologie
En 1977, Ramade donnait la définition suivante de l’écotoxicologie : » c’est l’étude des modalités de contamination de l’environnement par les agents polluants naturels ou artificiels produits par l’activité humaine ainsi que de leurs mécanismes d’action et effets sur les êtres vivants qui peuplent la biosphère ». Dans cette définition sont présentes les notions de base de l’écotoxicologie, détaillées ci-après. I. LES POLLUANTS 1. Qu’est-ce qu’un polluant ? Un polluant est une substance naturelle ou artificielle que l’homme a introduite dans un milieu où elle était absente ou présente en quantité différente. 1.1 Exemple d’une » substance polluante d’origine naturelle » : le sel Dans de nombreux pays tels que l’Espagne,…
Il se vend près de 6 shampoings chaque seconde en France soit près de 200 millions de bouteilles par an
Les produits d’entretien classiques contiennent des tensioactifs (appelés aussi agents de surface ou détergents) qui permettent d’éliminer les graisses et autres salissures à la surface de matériaux. Les détergents anioniques (charge négative) et amphotériques (dont la charge dépend du pH de l’eau) sont particulièrement présents dans les produits nettoyants, en raison de leurs propriétés nettoyantes et moussantes
Les phtalates, produits à quelque 6 millions de tonnes par an dans le monde
20 millions de lave-linge tournent en France chaque jour en moyenne
La France est le 4ème consommateur mondial de médicaments : plus de 3000 médicaments à usage humain et 300 médicaments vétérinaires sont actuellement disponibles sur le marché français. Une fois que ces substances ont agi dans l’organisme, elles sont excrétées, essentiellement dans les selles et les urines, puis relarguées dans les réseaux d’eaux usées (médicaments humains) et dans les sols (médicaments vétérinaires). Une partie de ces résidus de médicaments se retrouvent donc d’une manière ou d’une autre dans le milieu aquatique. Des traces de ces composés sont d’ailleurs régulièrement détectées dans les eaux de surface et même dans les eaux de nappe
On estime que 4000 à 6000 tonnes d’écran total sont libérées chaque année dans les zones de récifs tropicales par les 78 millions de touristes qui s’y rendent
En raison de son faible coût, l’huile de palme est, depuis quelques années, très utilisée dans l’alimentation: elle est présente dans 1 produit alimentaire empaqueté sur deux vendus en Europe (chips, biscuits, crème glacée, etc.). Or, la plantation de palmiers est à l’origine de déforestation, notamment en Indonésie. Dans ce pays, 3 millions d’hectares de forêt tropicale ont été détruits à cet effet entre 1990 et 2005 et le gouvernement prévoit un plan d’expansion des plantations de palmiers à huile de 14 millions d’hectares. La conversion des forêts en palmiers à huile a montré une perte de 80 à 100% des espèces de mammifères (dont l’orang-outan), reptiles et d’oiseaux dans ces zones
Les animaux se nourrissent d’aliments (céréales, petits animaux, etc.) contenant différents polluants. Au fil du temps, ces derniers s’accumulent dans l’organisme de l’animal et en particulier dans les graisses (phénomène de bioaccumulation). Ainsi, une étude de 2010 a révélé la présence de nombreux pesticides et de PCB dans du saumon et du steak haché achetés dans des supermarchés de la région parisienne
Tout comme les fruits et légumes, le riz peut contenir différents polluants tels que des pesticides, en particulier s’il est issu d’une agriculture intensive classique (non « bio »). Ainsi, une étude de 2010 a révélé la présence d’isoprothiolane et de tricyclazole, 2 pesticides interdits d’usage en Europe, dans du riz acheté dans des supermarchés de la région parisienne
L’eau du robinet est globalement de bonne qualité en France et les normes en vigueur sont généralement respectées
Les fruits et légumes issus de l’agriculture intensive « classique » (c’est à dire non « bio ») contiennent des mélanges à faibles doses de substances chimiques classées, par les instances officielles, cancérogènes certaines, probables ou possibles ou soupçonnées d’être perturbatrices du système endocrinien. C’est ce qu’illustre notamment une étude de 2010 qui a révélé la présence de nombreux pesticides dans des produits achetés dans des supermarchés de la région parisienne
Le lave-vaisselle est généralement moins consommateur en eau (12 L) que le lavage à la main qui dépend beaucoup du manipulateur (10 à 50 L)
Le liquide vaisselle est un détergent composé d’agents nettoyants appelés tensioactifs, mais aussi de colorants, conservateurs et parfums de synthèse. Bien que les tensioactifs ont l’obligation d’être biodégradables à 90%
Les composés perfluorés (PFC), tels que le téflon, ont la propriété de repousser l’eau, les matières grasses et la poussière. Ils sont ainsi utilisés comme antiadhésif dans de nombreuses poêles et casseroles. Les PFC sont persistants et s’accumulent dans les êtres vivants: certaines études ont révélé la présence de certains PFC dans les cours d’eau et les poissons (dans le foie notamment) ainsi que dans le sang humain
3,8 millions de tonnes de bisphénol A (BPA) ont été produits en 2006
Ces bouteilles contiennent notamment des phtalates, produits chimiques utilisés en tant que plastifiants et qui font partie de la famille des