Comment réduire l’empreinte carbone de mon argent
Si vous êtes « écolo » dans l’âme, vous faites déjà certainement attention à vos déplacements, à votre alimentation, à votre consommation d’électricité… mais vous êtes-vous déjà posé la question de l’empreinte carbone de l’argent que vous confiez à votre banque ?
L’IMPACT NÉFASTE DES BANQUES SUR LE CLIMAT
Lorsque vous confiez votre argent à une banque, celle-ci l’utilise en le réinjectant dans l’économie pour faire des prêts auprès d’entreprises et de particuliers ou encore pour investir dans des sociétés ou des projets. Ainsi, l’impact des banques sur le climat est avant tout lié à la nature des activités qu’elles financent. PME, crédits immobiliers, compagnies pétrolières ou technologies vertes, leurs choix d’investissements jouent un rôle majeur dans le développement d’une économie plus ou moins polluante (Les Amis de la Terre, 2017).
Malheureusement, les investissements des banques sont encore aujourd’hui très émetteurs de gaz à effet de serre pour la grande majorité des établissements. D’après le rapport « Banking On Climate Change » (Rainforest action network, 2020), 35 banques américaines, canadiennes, chinoises, européennes et japonaises, ont financé les énergies fossiles à hauteur de plus de 2 700 milliards de dollars entre 2016 et 2019. Pire, une hausse de 5 % a été enregistrée en 2019, faisant fi de l’accord de Paris.
Autre chiffre édifiant : en 2018, les 4 plus grandes banques françaises, à savoir BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et Banque Populaire Caisse d’Épargne ont généré à elles seules l’équivalent de plus de 2 milliards de tonnes de CO2, soit 4,5 fois les émissions de la France cette même année (Les Amis de la Terre, 2019). Les trois premières se détachent très nettement avec une empreinte carbone supérieure à 300 grammes eq CO2 par euro investi.

Émissions de gaz à effet de serre générées par l’argent investi par les quatre plus grandes banques françaises – Source des données : Les Amis de la Terre, 2019 (calculs : Ecotoxicologie.fr)
LA RAISON : LE FINANCEMENT DE PROJETS DESTRUCTEURS POUR L’ENVIRONNEMENT
Mais pourquoi ces banques génèrent-elles autant de gaz à effet de serre ? Pour le comprendre, il suffit de jeter un œil sur les projets qu’elles soutiennent à travers leurs activités de financement et d’investissement aux quatre coins du monde… (mais bien sûr pas en France, du fait de normes environnementales plus contraignantes et pour ne pas ébranler leur image de marque !).

Et malgré les engagements pris suite à l’accord de Paris sur le climat, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et le groupe BPCE ont presque doublé leurs financements aux énergie fossiles entre 2016 et 2020 (Les amis de la Terre, 2021). Ainsi, alors que ces grandes banques devraient contribuer au financement de la transition énergétique, dont les besoins en France sont évalués entre 25 et 40 milliards d’euros supplémentaires par an (The Shift Project, 2019b), elles aggravent l’addiction du système énergétique global au charbon, au pétrole et au gaz et compromettent l’objectif de contenir le réchauffement global sous la barre de 2°C.
DEUX ACTIONS POUR RÉDUIRE L’EMPREINTE CARBONE DE MON ARGENT
ACTION 1 – Je choisis la banque la plus écologique (en fonction de mes possibilités)
Nous ne voulons plus que notre argent serve à financer des projets qui menacent la planète et les générations actuelles et futures ? Alors soyons attentifs au choix de notre (nos) banque(s) : il détermine la façon dont l’argent de notre compte courant (et d’une partie des livrets d’épargne) est utilisé.
Pour nous aider dans ce choix, les Amis de la Terre ont analysé les activités des grandes banques françaises pour en dégager trois ensembles distincts en fonction des risques sociaux et environnementaux induits par leurs activités :

Face à la demande des consommateurs, de nouvelles banques « vertes » en ligne ont également vu le jour ces dernières années (Helios, Lita.co, etc.). Elles proposent différents produits permettant de réduire l’impact environnemental de l’argent placé : investissement des dépôts dans des entreprises durables, reversement d’1 € par client et par mois à des projets de lutte contre la déforestation, application permettant au client de calculer l’empreinte carbone de ses dépenses, etc. (Novethic.fr, 2021 ; Les Amis de la Terre, 2021b).
ACTION 2 – Je choisis l’épargne la plus écologique (en fonction de mes possibilités)
En France, environ 16 % des revenus sont consacrés à l’épargne. Ainsi, environ 500 milliards d’euros sont actuellement placés sur des livrets. De même que le choix de la banque, le choix du produit d’épargne influence l’utilisation de l’argent placé… et donc les impacts environnementaux et sociaux associés.
Pour nous aiguiller dans le choix de nos produits d’épargne et nous assurer que notre argent participe davantage à préserver la planète qu’à la détruire, les Amis de la Terre ont mené l’enquête afin de connaître l’utilisation faite de l’argent des épargnants. Les produits d’épargne ont ainsi été classés selon les risques sociaux et environnementaux qu’ils représentent (Les Amis de la Terre, 2010) :


Article rédigé par Vivien Lecomte, 19 mai 2021 – Ecotoxicologie.fr : tous droits réservés
EN SAVOIR PLUS
–La colossale empreinte carbone des banques : une affaire d’État – Les Amis de la Terre / Oxfam, 2019
–Choisis ta banque : guide éco-citoyen sur les banques françaises et les impacts de leurs activités sur le climat – Les Amis de la Terre, 2017
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Il se vend près de 6 shampoings chaque seconde en France soit près de 200 millions de bouteilles par an
Les produits d’entretien classiques contiennent des tensioactifs (appelés aussi agents de surface ou détergents) qui permettent d’éliminer les graisses et autres salissures à la surface de matériaux. Les détergents anioniques (charge négative) et amphotériques (dont la charge dépend du pH de l’eau) sont particulièrement présents dans les produits nettoyants, en raison de leurs propriétés nettoyantes et moussantes
Les phtalates, produits à quelque 6 millions de tonnes par an dans le monde
20 millions de lave-linge tournent en France chaque jour en moyenne
La France est le 4ème consommateur mondial de médicaments : plus de 3000 médicaments à usage humain et 300 médicaments vétérinaires sont actuellement disponibles sur le marché français. Une fois que ces substances ont agi dans l’organisme, elles sont excrétées, essentiellement dans les selles et les urines, puis relarguées dans les réseaux d’eaux usées (médicaments humains) et dans les sols (médicaments vétérinaires). Une partie de ces résidus de médicaments se retrouvent donc d’une manière ou d’une autre dans le milieu aquatique. Des traces de ces composés sont d’ailleurs régulièrement détectées dans les eaux de surface et même dans les eaux de nappe
On estime que 4000 à 6000 tonnes d’écran total sont libérées chaque année dans les zones de récifs tropicales par les 78 millions de touristes qui s’y rendent
En raison de son faible coût, l’huile de palme est, depuis quelques années, très utilisée dans l’alimentation: elle est présente dans 1 produit alimentaire empaqueté sur deux vendus en Europe (chips, biscuits, crème glacée, etc.). Or, la plantation de palmiers est à l’origine de déforestation, notamment en Indonésie. Dans ce pays, 3 millions d’hectares de forêt tropicale ont été détruits à cet effet entre 1990 et 2005 et le gouvernement prévoit un plan d’expansion des plantations de palmiers à huile de 14 millions d’hectares. La conversion des forêts en palmiers à huile a montré une perte de 80 à 100% des espèces de mammifères (dont l’orang-outan), reptiles et d’oiseaux dans ces zones
Les animaux se nourrissent d’aliments (céréales, petits animaux, etc.) contenant différents polluants. Au fil du temps, ces derniers s’accumulent dans l’organisme de l’animal et en particulier dans les graisses (phénomène de bioaccumulation). Ainsi, une étude de 2010 a révélé la présence de nombreux pesticides et de PCB dans du saumon et du steak haché achetés dans des supermarchés de la région parisienne
Tout comme les fruits et légumes, le riz peut contenir différents polluants tels que des pesticides, en particulier s’il est issu d’une agriculture intensive classique (non « bio »). Ainsi, une étude de 2010 a révélé la présence d’isoprothiolane et de tricyclazole, 2 pesticides interdits d’usage en Europe, dans du riz acheté dans des supermarchés de la région parisienne
L’eau du robinet est globalement de bonne qualité en France et les normes en vigueur sont généralement respectées
Les fruits et légumes issus de l’agriculture intensive « classique » (c’est à dire non « bio ») contiennent des mélanges à faibles doses de substances chimiques classées, par les instances officielles, cancérogènes certaines, probables ou possibles ou soupçonnées d’être perturbatrices du système endocrinien. C’est ce qu’illustre notamment une étude de 2010 qui a révélé la présence de nombreux pesticides dans des produits achetés dans des supermarchés de la région parisienne
Le lave-vaisselle est généralement moins consommateur en eau (12 L) que le lavage à la main qui dépend beaucoup du manipulateur (10 à 50 L)
Le liquide vaisselle est un détergent composé d’agents nettoyants appelés tensioactifs, mais aussi de colorants, conservateurs et parfums de synthèse. Bien que les tensioactifs ont l’obligation d’être biodégradables à 90%
Les composés perfluorés (PFC), tels que le téflon, ont la propriété de repousser l’eau, les matières grasses et la poussière. Ils sont ainsi utilisés comme antiadhésif dans de nombreuses poêles et casseroles. Les PFC sont persistants et s’accumulent dans les êtres vivants: certaines études ont révélé la présence de certains PFC dans les cours d’eau et les poissons (dans le foie notamment) ainsi que dans le sang humain
3,8 millions de tonnes de bisphénol A (BPA) ont été produits en 2006
Ces bouteilles contiennent notamment des phtalates, produits chimiques utilisés en tant que plastifiants et qui font partie de la famille des